CHI de Genève

Rencontre avec Peter Hasenböhler, le chef de piste du Cross Indoor présenté par Rolex

Peter Hasenböhler Peter Hasenböhler

Cavalier, puis entraîneur et chef de piste, Peter Hasenböhler vit depuis toujours le concours complet à travers différentes fonctions. Au CHI de Genève, l’énergique sexagénaire aura la tâche de construire le parcours du Cross Indoor présenté par Rolex qui se tiendra le samedi soir. Un défi que ce passionné de complet, toujours prêt à promouvoir sa discipline de prédilection, mais souvent dans l’ombre de ses élèves ou de ses parcours, se réjouit de relever.

Depuis 2007, vous parlez aux principaux responsables du comité du CHI de Genève de votre idée de cross indoor, vous les avez même emmenés à Stuttgart pour les convaincre. Pourquoi ?
Genève est la plus grande arène indoor au monde. Ce concours est réputé pour beaucoup de choses, mais aussi pour son lac et pour sa Grande Chasse, qui a fait ses preuves. De plus, la piste principale n’est pas la seule que l’on peut utiliser, j’ai prévu de placer cinq obstacles sur le paddock d’échauffement.

Qu’avez-vous envie de montrer avec cette épreuve ? 
Je n’ai pas envie d’en faire une vraie épreuve, nous parlons plutôt de démonstration. Le but est de faire découvrir le complet à un nouveau public, moins habitué à cette discipline. Je veux montrer la beauté de ce sport et faire apparaître à quel point il est différent du concours hippique. Je tiens quand même à préciser que cela ne remplace en rien les vraies épreuves de complet, qui se courent à l’extérieur, sur l’herbe, avec des montées et des descentes. Ici, ce sera bien sûr un parcours en sable, et à plat. Une autre différence essentielle réside dans le fait que le complet est une discipline qui réunit le dressage, le saut et le cross. A Genève, on ne montrera qu’une partie de ce programme. Il y aura aussi une inspection vétérinaire publique, le samedi soir (à 18h20), comme dans tout complet. J’espère que cette expérience profitera également aux cavaliers de la discipline, et qu’ils décideront de l’intégrer à leur programme hivernal, généralement plutôt calme.

Comment préparez-vous ce rendez-vous ?
J’y ai beaucoup réfléchi, car cela fait longtemps que j’espérais voir se réaliser cet événement. J’aimerais faire quelque chose de différent de Stuttgart, Stockholm, Salzbourg ou bascule vers le bas si le cheval la touche. Par contre, je n’utiliserai pas le nouveau système de sécurité que l’on peut voir apparaître sur les cross à l’extérieur. Car si je ressens le besoin de sécuriser un obstacle, c’est que je crains un accident. Et dans ce cas, je préfère le changer. La sécurité provient aussi du profil des obstacles, un point sur lequel je suis très minutieux. De petits détails suffisent pour réduire les risques: une décoration florale judicieusement placée peut modifier le profil de l’obstacle et améliorer l’appel pour le cheval. De bonnes distances et de belles lignes contribuent aussi à la sécurité d’un cross.

Êtes-vous nerveux à l’approche de cette première ?
Oui. Construire un cross à Genève est une opportunité unique. Heureusement, je ne suis pas tout seul devant cette tâche. J’ai la chance d’avoir le soutien d’une équipe de cinq personnes en plus de Christian Aschard, le concepteur des obstacles. Sans oublier évidemment toute l’équipe du CHI qui nous soutient. Bordeaux, où des cross indoor ont déjà eu lieu. Tout d’abord, Genève sera unique au niveau de la qualité des cavaliers qui seront présents. Je vais construire un tracé de niveau 3* (ndlr. le 4*, que seuls 6 concours par année proposent, est le plus haut niveau en concours complet…), les cavaliers sont prévenus. J’aimerais proposer différents obstacles typiques du cross, comme des directionnels, des biais, des pointes, des combinaisons et un gué (voir le lexique ci-après). Par contre, je ne veux pas que cette épreuve s’apparente à une chasse ou à du jumping. Il y aura des difficultés techniques qui demanderont aux cavaliers de remettre leur cheval aux ordres, tout en gardant bien entendu des obstacles qu’il faudra sauter avec plus de vitesse.

Comment avez-vous conçu votre tracé ? 
Je commence toujours par dessiner le tracé sur une feuille de papier, puis je place les obstacles. Pour Genève, je dois travailler différemment, car je n’ai pas la possibilité, comme à l’extérieur, d’enterrer la base des obstacles. Il faut donc que le profil de l’obstacle soit bien pensé afin de tenir tout seul. Autant dire que Christian Aschard, le concepteur des obstacles, et moi avons beaucoup travaillé. Le public pourra retrouver certains obstacles des derniers Jeux Équestres Mondiaux en Normandie, comme le fameux poisson du dernier gué. Et nous ferons aussi des clins d’oeil à la Suisse… 

Quelles seront les particularités de ce cross ?
Je pense que la mise en place du tracé sera déjà un vrai spectacle, puisque nous n’aurons que 30 minutes pour placer tous les obstacles. Par ailleurs, bon nombre des meilleurs cavaliers de complet seront là. Cela me fait très plaisir qu’ils aient répondu positivement à cette initiative. Les Allemands seront là, menés par la championne du monde Sandra Auffarth, mais aussi l’équipe hollandaise, médaillée de bronze aux récents Mondiaux. Des excellents cavaliers français et britanniques seront aussi présents, tout s’annonce grandiose !

Propos reccueillis par Oriane Grandjean

A noter qu'un derby d'attelage suivra le Cross Indoor présenté par Rolex. Les meneurs franchiront eux aussi des obstacles naturels sur deux pistes.

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