L’étrange année du numéro 3 mondial

N°3 mondial, Daniel Deusser n’a plus à prouver qu’il est l’un des cavaliers les plus talentueux du monde. Médaillé olympique en 2016 avec First Class van Eeckelghem, vainqueur de la finale Coupe du monde avec Cornet d’Amour en 2014, encore 3e en 2016 et trois fois en argent par équipes aux Européens de 2013, 2015 et 2019, l’Allemand est un fin styliste qui sait aussi être extrêmement rapide. Celui qui s’est formé auprès de Franke Sloothaak a posé depuis plusieurs années ses valises en Belgique, dans les écuries Stephex. Nous avons demandé à ce discret champion de nous raconter son quotidien.

Propos recueillis par Clément Grandjean

Comment avez-vous vécu l’annonce de l’annulation du CHI de Genève ?

Avec tristesse. Savoir que les organisateurs du CHI de Genève faisaient tout pour maintenir leur événement, qui est l’un des plus importants du calendrier hippique, nous a sans doute tous aidés à garder le moral durant cet automne où nous avons eu peu de raisons de nous réjouir. C’est un concours qui a une longue histoire et une atmosphère à part, une des rares manifestations où l’on ressent autant de passion. Pour moi, dans l’année, il y a Genève, Aix-la-Chapelle et le reste. Cela a été d’autant plus dur d’apprendre cette annulation. Mais il faut rester réaliste: si les conditions ne sont pas réunies pour organiser un concours, c’est tout à fait normal de renoncer.

 

Quels vont être vos plans pour cet hiver ?

Comme toute l’année qui est derrière nous, l’hiver va être inhabituellement calme. Après Riesenbeck, je vais m’envoler pour l’Arabie Saoudite et deux semaines de concours. Puis ce sera une longue pause, jusqu’au mois de février.

Vous êtes cavalier pour Stephan Conter. Racontez-nous comment a débuté votre collaboration.

Cela fait huit ans que je travaille chez Stephex, à Wolvertem, dans le Brabant flamand. Précédemment, j’avais été cavalier pour Jan Tops. J’ai fait la connaissance de Stephan grâce à mon épouse, Caroline Wauters. Stephan m’a demandé si je voulais travailler avec lui, mais j’ai d’abord refusé: après avoir œuvré dans une écurie de commerce, j’avais envie d’autre chose. Il a insisté, et j’ai accepté d’aller le rencontrer. Quand je lui ai expliqué que je visais le haut niveau, Stephan m’a promis que je pourrais garder des chevaux pour le sport. J’ai me suis donc lancé dans l’aventure pour une année et… je suis toujours là ! Stephan Conter a été très correct, il m’a non seulement laissé travailler comme je le voulais, mais aussi sélectionner mes chevaux.

Comment ont évolué les Stephex Stables depuis huit ans ?

Elles ont énormément grandi, et nous sommes passés de 45 à 120 chevaux. C’est passionnant de travailler avec Stephan Conter, car il vise l’excellence dans tous les domaines qu’il gère, que ce soit les chevaux, son commerce de camions ou l’organisation de concours.

deusser

Comment est organisée votre écurie ?

Chaque cavalier a son team, et chaque écurie est indépendante. La mienne comprend une quinzaine de boxes. Elle se situe à plus de 800 mètres du bâtiment principal, nous sommes donc très indépendants. Il arrive même qu’on ne croise pas les autres membres des écuries Stephex. C’est extrêmement confortable: je travaille comme je l’entend, tout en faisant partie d’une grande structure, avec du personnel très qualifié et prêt à m’épauler, par exemple en cas de panne de camion. Les installations sont splendides. Il y a trois manèges, quatre places en sable, un terrain en herbe et une piste de galop. Tout est soigné, il y a des haies partout, c’est un cadre de travail idyllique.

Et qui avez-vous à vos côtés dans votre team ?

Nous sommes quatre en tout. Il y a Sean Lynch, mon groom de concours, ainsi que deux personnes qui montent et s’occupent des chevaux.

Selon les principes de l’organisation aux Stephex Stables, vous avez toujours un cavalier à coacher…

Effectivement. Depuis peu, c’est Zoé Conter, la fille aînée de Stephan, qui est sous ma supervision. Pour être précis, je l’aide plus que je ne l’entraîne. Elle monte très bien, elle manque seulement d’expérience. Maintenant, elle doit apprendre par elle-même. Je réalise que je reproduis la méthode avec laquelle j’ai appris chez Franke Sloothaak: il m’a enseigné comment travailler et faire progresser un cheval, mais il m’a surtout laissé me débrouiller tout seul en concours et faire mes expériences. Quand tu es seul, tu dois chercher des solutions par toi-même, et c’est comme cela que tu apprends le plus. J’essaie de donner des pistes à mes élèves et de leur laisser ensuite le temps d’expérimenter tout cela à l'entraînement ou en concours.

Votre but est-il d’être un jour à la tête de votre propre structure ?

Un jour peut-être. J’ai toujours rêvé d’une petite écurie, un ou deux bons clients, quelques propriétaires. Mais finalement, la question ne s’est pas posée, puisque les opportunités m’ont conduit à cette place et que tout se passe au mieux.

 

Comment se passe une journée de Daniel Deusser ?

Je n’arrive plus aussi tôt le matin qu’à mes débuts. J’aime prendre le temps de voir ma fille, qui a cinq ans, de déjeuner avec elle. Nous habitons près de Malines, à 45 minutes de voitures des écuries. Je commence donc à monter vers 8h45. Puis il faut organiser tout le reste, des rendez-vous avec le vétérinaire ou le dentiste aux inscriptions pour les concours, en passant par les voyages et les tâches administratives. Je ne fais pas de pause à midi et n’ai pas d’heure précise de fin: cela varie entre 16h et 20h. Comme on est une écurie de commerce, il y a aussi régulièrement des chevaux à présenter à des clients ou des chevaux à essayer.

 

Certains de vos meilleurs chevaux appartiennent dorénavant à Scuderia 1918, en partenariat avec Stephan Conter. Parlez nous de cette collaboration…

Cela me donne beaucoup de sécurité de savoir que certains de mes chevaux ne sont plus à vendre. Je peux ainsi me projeter sur le long terme. Ces propriétaires sont prêts à investir sur de jeunes chevaux également. C’est une relation amicale qui se développe au fil du temps.

 

Comment sont vos chevaux de tête à la maison ?

Tobago est extrêmement intelligent. Comme il a énormément d’expérience et une technique de saut parfaite, il n’a pas besoin de beaucoup travailler à la maison, ni de sauter. Il fait juste un peu de gymnastique. C’est tout le contraire de Killer Queen, qui doit être suffisamment travaillée avant un concours, sans quoi elle est trop fraîche le jour J. Elle a sans doute plus de moyens que Tobago, mais comme c’est une grande jument, il me faut la travailler quotidiennement pour l’assouplir et la rassembler. Jasmien VD Bisschop a tendance à être très respectueuse, il faut donc qu’elle saute régulièrement pour se détendre.

deusser

Vous êtes N°3 mondial, derrière Steve Guerdat et Martin Fuchs. Quelle est votre relation avec nos deux cavaliers suisses ?

Nous sommes amis. En temps normal, nous nous voyons chaque semaine. Steve et moi avons connu à peu près les mêmes débuts, on s’est croisés chez Jan Tops (ndlr. Daniel Deusser a remplacé Steve Guerdat chez le marchand néerlandais). Steve est un incroyable homme de cheval. Tandis que tous les cavaliers ont des phases de succès liées à un cheval, chez Steve on a l’impression que cela ne s’arrête jamais. Il arrive toujours à amener suffisamment de chevaux au top niveau. Martin sait aussi former un cheval. Si Clooney est devenu l’un des meilleurs chevaux au monde, c’est grâce à son seul savoir-faire. On va sans aucun doute encore entendre parler longtemps de Martin Fuchs !

 

Comment vivez-vous ces temps de confinement ?

D’un point de vue économique, c’est un moment difficile, parce qu’il n’y a plus de commerce, plus de concours, toute la branche fonctionne au ralenti. À titre personnel, néanmoins, j’ai vécu cela comme une phase plutôt positive, car j’ai pu passer beaucoup plus de temps à la maison que d’habitude. Ma fille a cinq ans, et c’était magique de pouvoir profiter d’être davantage avec elle que d’habitude, de la voir grandir. À l’écurie, j’ai aussi eu la possibilité de travailler les choses plus sereinement, sans la pression et le stress des concours. J’ai pu améliorer le fitness, le dressage et la condition de mes chevaux, approfondir ma relation avec chacun d’entre eux.

 

Quand cette pandémie sera derrière nous, verrons-nous dès lors des cavaliers et des chevaux plus en forme que jamais ?

Pas vraiment. La technique est une chose, mais je réalise que les concours sont indispensables. Certains chevaux peuvent voir leur esprit de compétition s’émousser. Quant à moi, il me faudra quelques concours pour retrouver toutes mes sensations et ma rapidité. Vivement que l’on puisse reprendre cette vie !

Avec tristesse. Savoir que les organisateurs du CHI de Genève faisaient tout pour maintenir leur événement, qui est l’un des plus importants du calendrier hippique, nous a sans doute tous aidés à garder le moral durant cet automne où nous avons eu peu de raisons de nous réjouir. C’est un concours qui a une longue histoire et une atmosphère à part, une des rares manifestations où l’on ressent autant de passion. Pour moi, dans l’année, il y a Genève, Aix-la-Chapelle et le reste. Cela a été d’autant plus dur d’apprendre cette annulation. Mais il faut rester réaliste: si les conditions ne sont pas réunies pour organiser un concours, c’est tout à fait normal de renoncer.

Fin de bloc

Comme toute l’année qui est derrière nous, l’hiver va être inhabituellement calme. Après Riesenbeck, je vais m’envoler pour l’Arabie Saoudite et deux semaines de concours. Puis ce sera une longue pause, jusqu’au mois de février.

Fin de bloc

Cela fait huit ans que je travaille chez Stephex, à Wolvertem, dans le Brabant flamand. Précédemment, j’avais été cavalier pour Jan Tops. J’ai fait la connaissance de Stephan grâce à mon épouse, Caroline Wauters. Stephan m’a demandé si je voulais travailler avec lui, mais j’ai d’abord refusé: après avoir œuvré dans une écurie de commerce, j’avais envie d’autre chose. Il a insisté, et j’ai accepté d’aller le rencontrer. Quand je lui ai expliqué que je visais le haut niveau, Stephan m’a promis que je pourrais garder des chevaux pour le sport. J’ai me suis donc lancé dans l’aventure pour une année et… je suis toujours là ! Stephan Conter a été très correct, il m’a non seulement laissé travailler comme je le voulais, mais aussi sélectionner mes chevaux.

Fin de bloc

Elles ont énormément grandi, et nous sommes passés de 45 à 120 chevaux. C’est passionnant de travailler avec Stephan Conter, car il vise l’excellence dans tous les domaines qu’il gère, que ce soit les chevaux, son commerce de camions ou l’organisation de concours.

Fin de bloc

Comment avez-vous vécu l’annonce de l’annulation du CHI de Genève ?

Avec tristesse. Savoir que les organisateurs du CHI de Genève faisaient tout pour maintenir leur événement, qui est l’un des plus importants du calendrier hippique, nous a sans doute tous aidés à garder le moral durant cet automne où nous avons eu peu de raisons de nous réjouir. C’est un concours qui a une longue histoire et une atmosphère à part, une des rares manifestations où l’on ressent autant de passion. Pour moi, dans l’année, il y a Genève, Aix-la-Chapelle et le reste. Cela a été d’autant plus dur d’apprendre cette annulation. Mais il faut rester réaliste: si les conditions ne sont pas réunies pour organiser un concours, c’est tout à fait normal de renoncer.

Quels vont être vos plans pour cet hiver ?

Comme toute l’année qui est derrière nous, l’hiver va être inhabituellement calme. Après Riesenbeck, je vais m’envoler pour l’Arabie Saoudite et deux semaines de concours. Puis ce sera une longue pause, jusqu’au mois de février.

Vous êtes cavalier pour Stephan Conter. Racontez-nous comment a débuté votre collaboration.

Cela fait huit ans que je travaille chez Stephex, à Wolvertem, dans le Brabant flamand. Précédemment, j’avais été cavalier pour Jan Tops. J’ai fait la connaissance de Stephan grâce à mon épouse, Caroline Wauters. Stephan m’a demandé si je voulais travailler avec lui, mais j’ai d’abord refusé: après avoir œuvré dans une écurie de commerce, j’avais envie d’autre chose. Il a insisté, et j’ai accepté d’aller le rencontrer. Quand je lui ai expliqué que je visais le haut niveau, Stephan m’a promis que je pourrais garder des chevaux pour le sport. J’ai me suis donc lancé dans l’aventure pour une année et… je suis toujours là ! Stephan Conter a été très correct, il m’a non seulement laissé travailler comme je le voulais, mais aussi sélectionner mes chevaux.

Comment ont évolué les Stephex Stables depuis huit ans ?

Elles ont énormément grandi, et nous sommes passés de 45 à 120 chevaux. C’est passionnant de travailler avec Stephan Conter, car il vise l’excellence dans tous les domaines qu’il gère, que ce soit les chevaux, son commerce de camions ou l’organisation de concours.

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