De poulain à cheval de Grand Prix, la route est longue

Faire naître l’un des meilleurs chevaux du monde, voilà dont rêvent la plupart des éleveurs. La route est pourtant longue avant que leur protégé n’atteigne des sommets. La vie du cheval, de sa conception jusqu’à son arrivée à haut niveau, est rythmée par de nombreuses étapes.

Au travers de ses newsletters, le CHI de Genève vous emmènera sur les marches qui jalonnent cette aventure.

Après nous être intéressés au choix de l’étalon, nous allons, dans ce deuxième volet, en découvrir plus sur les premières années des chevaux. Pour ce faire, nous avons sollicité l’éleveur genevois Philippe Rizzoli. Situé à Genthod, à deux pas de Palexpo, l’élevage du Roset est bien connu dans nos contrées. Actuellement, c’est Priam du Roset qui fait rayonner  cet élevage à l’international. Sous la selle du multimédaillé allemand Marcus Ehning, le grand bai se fait sa place parmi les cracks de sa génération.

Une première semaine au calme

Une première semaine au calme

«Lorsque le poulain nait, on le laisse entre 7 et 10 jours seul avec sa mère, explique Philippe Rizzoli. Ils vont ensemble au parc ainsi que dans leur box, mais ne sont pas encore intégrés au troupeau. Cela nous permet de vérifier que le poulain tète correctement, qu’il se lève bien et que le lien social avec sa mère s’établit sereinement. Quand tout cela est en place, la jument et son poulain peuvent rejoindre le troupeau. Chez nous, on a chaque année entre 4 et 5 duos mère-poulain.»

Le troupeau de juments est constitué bien en amont, comme l’explique l’éleveur: «Nous créons le groupe de juments dès leur insémination pour qu’elles puissent tisser des liens. Ainsi, quand elles se retrouvent après la naissance, elles se connaissent. Cela évite du stress et limite le risque d’accidents. Il faut aussi qu’elles soient dans de grands parcs afin qu’elles aient suffisamment d’espace pour se sentir à l’aise.»

Le sevrage

Après 6 à 7 mois de cette vie commune en troupeau vient le moment du sevrage: «Il a lieu en général à la fin du mois d’octobre. On le fait de manière progressive, en séparant d’abord les poulains et leur mère seulement pour la nuit. Les poulains se retrouvent ainsi en groupe et, en quelques jours, le sevrage s’est fait naturellement.» Les poulains sont alors dans un troupeau constitué de congénères du même âge, au sein duquel ils resteront jusqu’à leurs 3 ans et demi, en stabulation l’hiver et au pâturage à la belle saison.

Cette période n’est pas pour autant dénuée de tout rapport avec l’homme, et l’apprentissage commence déjà: «Un ami, qui suit la méthode Blondeau, vient chaque année passer une semaine chez nous pour s’occuper des poulains, précise l’éleveur genevois. Lors de sa venue, il les familiarise à l’homme, les habitue à avoir un licol, à donner les pieds, à monter dans une remorque et à être longés. C’est une sorte de pré-débourrage qui facilitera la suite de l’apprentissage. Ces premiers contacts doivent être faits dans le plus grand respect, afin d’établir une confiance avec l’homme sur le long terme.»

Trois aspects essentiels

Pour Philippe Rizzoli, les trois premières années de vie d’un cheval sont déterminantes dans son développement: «L’éleveur doit être attentif à trois aspects essentiels: la morphologie, la santé et le caractère. Sur ce dernier point, il est important de voir si un cheval ne prend pas le dessus dans le troupeau. Pour la santé aussi, il faut être vigilant. Quant à la morphologie, c’est l’œil de l’éleveur qui se doit d’être aiguisé. Si un cheval a tendance à maigrir ou à devenir trop gros, il faudra adapter son alimentation. Il peut y avoir des répercussions à long terme si les adaptations ne sont pas faites à temps. On sait que la génétique constitue une part essentielle dans la qualité d’un cheval, mais l’environnement joue aussi un rôle, et ces premières années sont donc primordiales pour augmenter les chances qu’un cheval performe à haut niveau.»

À l’âge de 3 ans et demi, les jeunes chevaux seront débourrés, puis remis en troupeau afin d’assimiler tous les apprentissages avant de commencer leur vie de chevaux de concours à l’âge de 4 ans. Encore une nouvelle étape qui les attend avant d’atteindre les sommets du CHI de Genève !

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