De poulain à cheval de Grand Prix, la route est longue

Faire naître l’un des meilleurs chevaux du monde, voilà dont rêvent la plupart des éleveurs. La route est pourtant longue avant que leur protégé n’atteigne des sommets. La vie du cheval, de sa conception jusqu’à son arrivée à haut niveau, est rythmée par de nombreuses étapes.

Dans ce premier volet, nous partons à la rencontre de l’éleveur d’Elektric Blue P. Troisième du dernier Rolex Grand Prix de Genève et victorieux du Grand Prix du Rolex Grand Slam de Bois-le-Duc 2021, Elektric Blue enchaîne les performances de choix depuis plusieurs saisons. Arrivé dans les écuries de son cavalier Max Kühner à 3 ans, le hongre de 11 ans est né en Allemagne, au nord de Berlin, chez Tobias Pfitzmann.

Quatrième génération

Elektric Blue constitue la 4e génération à avoir vu le jour dans l’élevage de Tobias Pfitzmann. La première, c’est Orientsonne, une jument pur-sang anglaise achetée alors qu’elle est âgée de 3 ans. Parmi ses produits, deux juments: Frühlingsonne et Carisma. La première produit de nombreux chevaux ayant tourné en international, la seconde est la mère de Frenchkiss, qui donnera naissance à Elektric Blue. Plusieurs chevaux de cet éleveur, qui détient aussi un cheptel de vaches allaitantes, s’illustrent en concours complet, à l’instar de DSP Quintana qui a participé aux Européens de la discipline avec une cavalière allemande.

Choisir le bon étalon

Survoler cet arbre généalogique donne une petite idée du nombre de générations et des efforts nécessaires pour obtenir un crack. Au moment de choisir un étalon pour Frenchkiss, Tobias Pfitzmann jette son dévolu sur Eldorado Vd Zeshoek TN (par Clinton et Toulon). Ce dernier lui avait déjà tapé dans l’œil, et le croisement lui semble idéal: sa jument étant de petite taille, il cherche à compenser avec les gênes d’un grand étalon. «Je suis avec attention les approbations et j’aime voir les étalons sauter jeunes, c’est à ce moment-là que leur mouvement est le plus naturel. Cela donne d’importantes indications sur leur potentiel.»

Des poulains bien dans leur tête

Chez Tobias Pfitzmann, les jeunes chevaux doivent avant tout avoir un bon mental: «Ils doivent être faciles, parce qu’on les forme nous-même jusqu’à leurs 3 ans.». Puis, pour les entiers, vient le moment de l’approbation. Une sélection qui n’a pas réussi à Elektric Blue: «Il a très bien sauté, mais il ne correspondait pas au type attendu par les juges, explique Tobias Pfitzmann. Nous laissons les poulains vivre en troupeau le plus longtemps possible, et nos jeunes chevaux se développent à leur rythme.» Cela n’a pas empêché Max Kühner, présent dans les tribunes, d’avoir le coup de foudre pour l’entier. La suite de l’histoire d’Elektric Blue s’écrit dans les écuries du cavalier autrichien.

Voir son poulain briller sous la selle de l’un des meilleurs cavaliers du monde représente une légitime fierté pour l’éleveur allemand. «Sa victoire dans le Grand Prix du Rolex Grand Slam de Bois-le-Duc montre qu’on a fait juste. Et c’est une belle publicité pour notre élevage. J’espère voir d’autres de nos produits à ce niveau un jour.» Le rêve continue. En attendant, Tobias Pfitzmann pourra encore vibrer lors des parcours d’Elektric Blue.

Propos recueillis par Oriane Grandjean

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