C’est ici même que Benjamin Aillaud s’était initié au circuit indoor en 2006. Depuis, l’homme a fait son chemin, se nourrissant d’expériences. Rencontre avec un meneur singulier, passionné, passeur d’une philosophie bienveillante.
C’est l’histoire d’un gamin qui rêvait de liberté, de galopades, de faire du cheval son prolongement. Son enfance, dans un petit village de montagne des Pyrénées, au sein d’une famille d’artistes de spectacle, lui permet de façonner sa philosophie. C’est décidé: Benjamin veut vivre pour le plaisir, l’échange et la complicité avec les chevaux. À 6 ans, Apache, son premier complice, l’accompagne du lever au coucher du soleil. Il le monte pour aller à l’école ou aider son père pour moult travaux,et galope à en perdre haleine. Le cheval devient son visa pour la liberté.
En grandissant, le jeune garçon s’initie aux préceptes de Nuno Oliveira; s’essaie au dressage pur et au saut d’obstacles; voyage pour apprendre, découvrir, étendre ses connaissances du cheval. Il se nourrit de ses apprentissages, initiant ses montures à toutes les disciplines, et il écrit son histoire autour de ses compagnons à quatre jambes, plaçant leur bien-être avant tout. Alors qu’il pense s’orienter vers le dressage pur, il ne retrouve pas les vertus de sa philosophie dans cette discipline. Mais le jeune homme a plus d’une corde à son arc. L’attelage, qu’il avait pratiqué pour s’amuser et travailler avec ses chevaux, s’impose alors. Très vite, il gravit les échelons de ce sport et s’illustre au plus haut niveau, terminant notamment deuxième de la finale du circuit Coupe du monde en 2008.
C’est pourtant à ce moment-là que Benjamin décide de faire un break. De garer ses voitures. Celui qui ne cesse de se questionner sur son rapport à l’animal bute, sent qu’il doit se nourrir d’autre chose pour se renouveler. Il retourne alors à ses premières amours et monte une compagnie de spectacles… équestres. Un projet pharaonique, basé en Amérique, qui fait le tour du monde. Avec ses chevaux, il écrit une histoire autour de chacun d’eux, en fonction de leur personnalité. On est loin du sport de haut niveau où les chevaux s’inscrivent dans une histoire commune autour de règlements. Mais Benjamin sait que les mondes sont perméables. De son aventure circassienne, il va puiser une nouvelle force pour se relancer dans le grand bain de l’attelage après cette parenthèse de plusieurs années.
Le revoilà dans l’Hexagone. L’envie de mener au bout des doigts. C’est aux Mondiaux de 2014 qu’il fait son grand retour. «Jusqu’en 2017, je continuais le spectacle à côté, puis j’ai arrêté pour me consacrer pleinement au sport, explique-t-il.Aujourd’hui, mon team est composé d’anciens chevaux de spectacle. J’avais fait le pari de les amener en Coupe du monde il y a quatre ans. Ce sont des Lusitaniens, petits – 1,58m au garrot – mais avec un cœur énorme.»
Ce week-end, Benjamin sait le niveau de ses concurrents. Il sait aussi que ses complices seront prêts à tout lui donner, l’étonnant chaque jour d’avantage. «Quand je leur demande s’ils sont arrivés au bout de leurs limites, ils me disent qu’ils ont encore des réserves ! Ils ne veulent pas arrêter et m’impressionnent à chaque fois.» À Palexpo, il a donc décidé de «lâcher les rênes» pour tenter d’accéder au barrage. Une manière d’ajuster sa stratégie, de tester encore avec, toujours, cette notion de plaisir. «C’est vraiment le but. Il faut systématiquement garder en tête de s’amuser.»
À bien regarder le chemin parcouru, le petit garçon de 6 ans peut être fier du gaillard qu’il est devenu. Celui qui rêvait de voyager avec ses chevaux est allé encore plus loin.
Sophie Lebeuf
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