Steve Guerdat (SUI) rides Dynamix de Belheme during the FEI Jumping World Championship - Third Competition Individual Final at the FEI World Championships Aachen 2026Photo Credit: FEI/Benjamin Clark Steve Guerdat rend hommage à son exceptionnelle Dynamix de Bélhème - © FEI/Benjamin Clark

Newsletter N°3: Et dans le présent, le passé

Steve Guerdat est champion du monde. Certes, cette année, notre newsletter ne s’accroche pas à l’actualité. Au contraire, elle se replonge avec nostalgie et délice dans le passé du CHI de Genève, pour aller y chercher les meilleurs moments et vous les partager en compagnie des acteurs qui ont marqué l'histoire de l’événement. Mais Steve Guerdat est champion du monde…

Voilà bientôt deux semaines que le Jurassien a décroché le seul titre qui lui manquait en individuel, après son sacre olympique à Londres en 2012, ses trois succès en finale de Coupe du monde (2015, 2016 et 2019) ainsi que son titre européen à Milan en 2023 et trois finales du Top 10 Rolex IJRC. Dimanche 23 août 2026, il s’est hissé sur le toit du monde, avec comme arène Aix-la-Chapelle et 45'000 personnes acquises à sa cause, assistant à l’écriture d’une page de l’histoire de notre sport. Certains le comparent désormais à Roger Federer. D’autres le considèrent déjà comme une légende. Alors, théoriquement, il n’était pas question de vous parler d’actualité dans cette newsletter. Mais Steve Guerdat a rabattu toutes les cartes et a, malgré lui, mélangé actualité et passé. Parce que cette page d’histoire du dimanche 23 août 2026, elle ne s’est pas écrit toute seule. Ce sont les hauts et les bas de toute une carrière, toute une vie, qui ont forgé Steve Guerdat comme le mythe qu’il est aujourd’hui.

Steve Guerdat (SUI) rides Dynamix de Belheme - Gold Medal Winners - FEI Jumping World Championship - Third Competition Individual Final at the FEI World Championships Aachen 2026Photo Credit: FEI/Benjamin Clark © FEI/Benjamin Clark

Parmi les souvenirs qui jonchent son parcours, il y a Genève. Le CHIG, c’est chez lui, c’est son terrain. C’est là que tout jeune, il marche sur les traces de son père Philippe, qu’il s’émerveille du spectacle proposé par les meilleurs cavaliers du monde, qu’on lui offre la chance de prouver son talent, qu’il remporte son premier Grand Prix Coupe du monde en 2004. Voilà quelque 30 ans que les plus fidèles – et oserais-je dire les plus anciens – d’entre nous suivent avec passion et admiration un cavalier dont beaucoup disaient qu’il irait loin. Les années, le travail, son entourage, et surtout les chevaux qui l’ont accompagné, ont donné raison à tous ces spécialistes ou spectateurs émerveillés. Steve Guerdat est devenu le plus grand cavalier de l’histoire. Et l’histoire du CHI de Genève et la sienne sont intrinsèquement liées, parce que s’il est sans conteste l’un des plus beaux ambassadeurs de notre sport, il en est aussi le plus fidèle du CHI de Genève, ce concours qu’il aime tant.

Et si dans le présent s’inscrit le passé, c’est aussi parce que d’autres belles histoires se sont écrit à Genève. Comme la première édition d’une Coupe du monde en 1979, créée par le journaliste suisse Max E. Ammann, et qui offrira de grands moments de sport. Parmi eux, citons les triples vainqueurs de l’étape genevoise, Rodrigo Pessoa et son fantastique Baloubet du Rouet. Le Brésilien ainsi qu’un certain John Whitaker ont bien voulu revenir sur leurs années dorées à Genève. Le Britannique vous raconte d’ailleurs avec malice ses plus beaux souvenirs du bout du lac Léman avec son légendaire Milton. Quelque part dans les tribunes se trouvait sûrement un garçon prénommé Steve, qui regardait avec fascination évoluer son idole de toujours…

Wauters Eric Wauters et Pomme d'Api - © Francois-Achille Roch - Coll. Poudret Pully

Nouveaux rythmes aux Vernets

Il y en a du changement à la fin des années 70 pour le CHI de Genève. Après la passation de pouvoir du colonel Pierre de Muralt à Maître Robert Turrettini à la direction d’un comité drastiquement rajeuni en 1974, le concours déménage l’année suivante aux Vernets, à quelques centaines de mètres de l’ancien Palais. Avantages : tribune gigantesque, piste sans pilier ni colonne, un public qui voit de partout dans les gradins. Le lieu perd certes un peu de son charme, les écuries sont sous tentes et tant la rivière que la butte sont supprimées sur demande de la FEI. Le départ du Palais des Expositions devenait néanmoins nécessaire en raison de la vétusté des infrastructures et de la pression de la FEI pour que l’événement soit modernisé. D’ailleurs, le concours passe de dix à six jours et se montre progressivement plus sélectif, même si le premier soir de l’édition 1975, 112 concurrents sont encore au départ de la grosse épreuve. Le baptême aux Vernets se fait en fanfare : Eric Wauters et Pomme d’Api franchissent 2m18 dans la puissance – record de suisse et du CHI ! – avant de remporter le GP de Suisse le lendemain !

Le déménagement aux Vernets a beau être un succès, il n'est pas non plus de tout repos. Bras droit de Robert Turrettini à l’époque et futur président du CHIG, Yves G. Piaget raconte : « Quitter le Palais pour la patinoire des Vernets était un défi technique difficile et délicat, surmonté grâce à la collaboration des services de la ville de Genève. Rendez-vous compte, nous avons dû installer le sol sept fois consécutives à même la glace ! » Et puis, il y a la tempête de 1977. Une bise d’enfer arrache alors la toile recouvrant les écuries et le paddock d’entraînement quelques heures à peine avant l’ouverture du concours. Panique générale ! « Les chevaux sortaient sur les pattes arrière, se souvient Yves Piaget, et le son d’ambiance était plutôt lugubre. » Mais les éléments se calment, tout est réinstallé (sans un seul blessé !) en urgence, et les épreuves peuvent finalement démarrer avec quelques heures de retard. Un exploit !

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Deux cadors au sommet de Genève

S’il est bien une chose dont on peut être certain au Concours Hippique International de Genève, c’est de la présence des plus grands cavaliers de la planète. Depuis les débuts de ce magistral concours, les cadors du jumping se sont succédé à son palmarès. À l’occasion de cette troisième newsletter dédiée au centenaire de l’événement et, plus particulièrement, à l’apparition de Genève comme étape du circuit Coupe du monde en 1979, deux ténors de la discipline ont accepté de rendre compte de leurs souvenirs. Sont nommés le Britannique John Whitaker et le Brésilien Rodrigo Pessoa.

Le premier est devenu une légende vivante, symbole d’une équitation britannique sans fausse note, entré dans l’élite depuis les années 80. Il devenait alors double vice-champion d’Europe en 1983, puis vice-champion olympique par équipe l’année suivante à Los Angeles, aux rênes de Ryan's Son, avant de devenir, entre autres, double champion d’Europe en 1989 avec son fidèle Milton à la robe virginale. La longévité du Britannique au plus haut niveau est impressionnante, et c’est donc tout naturellement qu’il s’inscrit comme un témoin clé de l’histoire du Concours Hippique International de Genève, ayant remporté le Grand Prix Coupe du monde, pour la dernière édition sise aux Vernets, en 1989. Alors associé à son inoubliable crack, avec lequel il s’imposera en finale du circuit à Dortmund et Göteborg en 1990 et 1991, le Britannique avait fait rêver les foules sur son ange blanc, devenu de son vivant animal mythologique.

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Miltonm Les légendaires John Whitaker et Milton - © CHI de Genève

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