Le concours s'installe à la patinoire des Vernets
En 1975, l'équitation se féminise et se développe. C'est l'ère de la démocratisation des loisirs et, dans le même temps, d'une professionnalisation évidente du sport : la publicité fait son entrée, le sponsoring débute.
Robert Turrettini et Yves Piaget, les deux hommes à la tête du CHI, disposent désormais d'un outil plus moderne : la patinoire des Vernets. Les tribunes y sont vastes et permanentes. Le concours se déroulera dorénavant fin mars ou début avril, une fois la saison de hockey sur glace achevée.
J'y allais, j'étais petite. Je me souviens très bien de ce mur de puissance, absolument impressionnant. On essayait toujours de passer dans les coulisses pour aller voir les stars de près. On revenait de la patinoire avec l'envie d'être les champions de demain.Testimonial: Sophie Mottu Morel - Director of the Geneva CHI
Genève monte à bord dès la première année
Les concours en salle se multiplient : on saute douze mois sur douze. Le journaliste suisse Max E. Ammann donne un sens à ce circuit indoor en créant la Coupe du monde.
Genève saute immédiatement dans le bateau et organise une étape dès mars 1979. C'est Nick Skelton qui s'impose, avec Everest Lastic. L'Anglais deviendra champion olympique près de quarante ans plus tard, à Rio.
Le mur
Aux Vernets, l'épreuve de puissance est très prisée du public. Chaque année, on y franchit un mur gigantesque — et chaque année, il monte un peu plus haut.
Deux mètres trente : un record de Suisse, à trois centimètres du record du monde de l'époque. Jamais le mur des Vernets ne montera plus haut.
Aux Vernets, la cadence reste bisannuelle
Entre deux éditions, il faut entretenir la flamme. Le concours multiplie les animations et les épreuves d'attraction, quitte à sortir franchement du cadre sportif.
Échanges de chevaux
D'anciens champions échangent leurs montures le temps d'une épreuve, pour le plaisir du public autant que pour le leur.
Épreuves d'attraction
Des parcours inhabituels, pensés pour surprendre autant que pour départager les cavaliers.
Un concert de Pierre Bachelet
La patinoire accueille même un concert : de quoi faire venir aux Vernets un public qui n'est pas celui du sport équestre.
Ces champions qui ont marqué Genève
Trois grandes soirées aux Vernets, trois cavaliers entrés dans la légende du concours.
Willi Melliger
1985 · Beethoven II franchit 2 m 30Dans la Puissance, Beethoven II franchit 2 m 30 : un record de Suisse, à trois centimètres seulement du record du monde de l’époque.
Willi Melliger termine premier ex aequo avec l’Italien Diego de Riu, en selle sur Fanando. Jamais le mur des Vernets ne montera plus haut.
Paul Schockemöhle
1987 · Le Grand Prix Coupe du monde VolvoLe triple champion d’Europe remporte le Grand Prix Coupe du monde Volvo 1987 avec Next Orchidee, devant un public conquis.
L’Allemand connaissait déjà la piste genevoise : il avait épinglé le Prix des Étendards dans les années 1970.
John Whitaker
1989 · Milton, l’Ange blancPour la fête du 30e CHI, le grand gris s’impose au terme d’un deuxième barrage : le dernier Grand Prix Coupe du monde disputé aux Vernets, et sa seule apparition sur cette piste.
Jappeloup et Pierre Durand étaient là pour lui donner la réplique, mais le diablotin noir inflige un refus à son cavalier. Leurs duels illumineront toute cette période.
Milton, l'Ange blanc
Pour la dernière édition disputée à la patinoire des Vernets, en 1989, c'est John Whitaker qui s'impose avec Milton — le grand gris que le public a surnommé l'Ange blanc.
Une page se tourne. Le concours s'apprête à rejoindre Palexpo, et avec lui une toute autre échelle.
Quatorze ans aux Vernets, et l'entrée dans l'ère moderne.
